En ce jour de Saint-Nicolas et à quelques encablures de Noël, beaucoup de parents prennent plaisir et ne ménagent pas leurs efforts pour perpétuer la magie et le rêve autour du Grand Saint.

Depuis que j’ai des enfants, je suis toujours émerveillé par la force avec laquelle ils veulent croire à Saint-Nicolas.  Ils s’appliquent à écrire une belle lettre agrémentée de dessins qu’ils envoient à Saint-Nicolas en trépignant d’impatience.  Ils mettent au point différentes stratégies pour le surprendre pendant la nuit, tours de garde, dormir dans le salon, laisser la porte de la chambre ouverte, et bien d’autres encore.  Ils décomptent les jours en imaginant toutes les merveilles qu’ils vont peut-être recevoir.  Le grand soir, ils placent précautionneusement leurs souliers, une carotte et un verre de lait (ou une bière) près de la cheminée.  Avec parfois un petit dessin ou mot de bienvenue supplémentaire.

Et le matin arrive.  Ayant déjoué leurs pièges les plus brillants, Saint-Nicolas a réussi à se créer un passage jusqu’à notre maison, à boire le verre de lait et nourrir son âne de la carotte, et même à prendre le temps de laisser un mot aux enfants.  Merci Saint-Nicolas !

Mais au fond, pourquoi mettons-nous tant de soin à maintenir cette tradition ?

Tradition

Sans doute d’abord parce qu’il s’agit d’une tradition bien ancrée dans nos régions.  Et à mon sens, la construction identitaire passe aussi par la transmission de rites et de traditions propres au groupe auquel nous appartenons.

De plus, quoiqu’on en dise, Saint-Nicolas me semble aussi moins commercialement perverti de Noël.  Mais ce point de vue n’engage que moi. 😉

Le mensonge et l’ignorance volontaire

Comme je l’ai dit plus haut, les enfants ont besoin de magie et ont envie de croire à Saint-Nicolas.  Aucun paradoxe physique ou zone d’ombre dans les explications ne viendra amenuiser cette soif.  Que pouvons-nous faire d’autre que leur offrir cet instant magique au prix d’un petit mensonge ?

Devrions-nous au contraire, de manière rigide, démystifier cette aberration qu’est l’idée d’un gros bonhomme avec son âne qui arrive à visiter toutes les maisons d’enfants sages (comment l’a-t-il su ?) en une nuit ?

Je ne le pense pas.  Car au contraire de certains mensonges ou omissions qui peuvent les insécuriser, celui-ci a pour vocation de les réjouir.

Je ne sais pas si c’est défendable mais dans le cas présent, je trouve qu’un mensonge bien intentionné vaut mieux qu’une vérité froide et franche.  Un monde sans magie n’est pas un lieu pour les enfants.

Et puis, tous autant que nous sommes, n’avons-nous pas une pointe de nostalgie en regardant nos enfants profiter pleinement de cette fête ?  Ne serait-ce pas notre enfant intérieur qui vient frapper à la porte pour encore y croire un peu ?

Le prétexte

Saint-Nicolas et son acolyte Zwarte Piet sont aussi l’occasion de rappeler gentiment (traditionnellement dirons-nous) aux enfants qu’il faut être sage.

Néanmoins, force est de constater qu’in fine la grande majorité des enfants finissent quand même par être jugés sages et recevoir des cadeaux.  Je n’en ai jamais vu beaucoup se faire punir par Père Fouettard. 😀

Bonne Saint-Nicolas à tous et profitez de ces beaux moments avec vos enfants !


Photo de Marc Delforge