Ce matin, il fait encore noir quand nous embarquons dans la voiture direction l’Athénée Royal de Rixensart, retour à l’école…

Comment?! C’est déjà la fin de l’aventure d’instruction en famille?  Pourquoi Rixensart?  Pourquoi maintenant?  Que s’est-il passé?

Retour deux semaines en arrière.  Je reçois un courriel de l’inspecteur de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui m’informe qu’Apolline est convoquée pour les épreuves qui se tiendront les 22 et 25 novembre de 8h30 à 12h.

Passé l’effet de surprise, je prends contact avec l’inspecteur pour lui faire part de mon étonnement face à cette convocation en lui expliquant que notre fille vient à peine de terminer sa deuxième primaire dans un établissement reconnu par la Fédération et qu’elle a donc déjà passé les épreuves certifiantes.

Il m’explique alors que les convocations sont basées sur l’âge des enfants déscolarisés et qu’il est donc normal qu’elle soit appelée l’année de ses 8 ans (elle est née en janvier).  Je lui fait part de mes doutes sur l’utilité de passer ses épreuves après seulement quelques mois d’instruction en famille.

Il convient que les tests sont sensiblement les mêmes qu’en fin de deuxième primaire et donc de facto un peu inutiles en termes d’évaluation de compétences et m’informe que je peux tout à fait prendre contact avec la Fédération pour les informer que je ne désire pas présenter ma fille et en expliquer les raisons.

Il me dit par ailleurs qu’il ne s’agit pas d’une chasse aux sorcières, qu’il s’agit d’un listing automatique et que cette demi-journée peut aussi être une opportunité pour voir comment ça se passe et rencontrer d’autres familles déscolarisée.  Dont acte.

Je propose donc à Apolline de passer ces tests, ce qu’elle accepte avec enthousiasme. 🙂

Nous voici donc mardi matin.  Et pendant que ma fille s’amuse dans la classe d’à côté (ce sont ses termes à la sortie), je continue ma discussion avec l’inspecteur.

Il était didactique et bienveillant.  Force est de constater que le contact est bien passé.  De notre discussion, je voudrais vous livrer deux choses :

Droits et devoirs

La Fédération Wallonie-Bruxelles n’a pas pour vocation d’empêcher les familles d’être libres.  Elle veut laisser le droit aux parents d’élever leur enfants comme ils l’entendent mais rappelle à juste titre que les droits vont de pair avec des devoirs parentaux qui sont entre autres d’assurer une bonne instruction aux enfants.

On pourra discuter du contenu et de la mise en oeuvre de ladite instruction mais néanmoins, l’esprit est là.  Je trouve rassurant et plutôt positif que la Communauté cherche à faire respecter les droits des enfants et contrôle un minimum que leur bien-être est respecté.

Plusieurs études montrent que certaines familles soustraient complètement leurs enfants de la société et présentent parfois un caractère sectaire.  L’enfant peut réellement se trouver en danger.

C’est la visée et l’utilité principale de ces inspections.  S’assurer que les enfants vont bien, les voir physiquement, parler avec les parents.  Les épreuves ne sont que la partie émergée de l’iceberg.

Posture et diabolisation

Dans l’échange avec cet inspecteur, je me suis rendu compte que la tournure aurait pu être très différente si je m’étais directement braqué et avais refusé catégoriquement de présenter ma fille ce mardi.

Plutôt qu’un interminable échange épistolaire, j’ai préféré téléphoner pour que la communication soit meilleure.  Bien m’en a pris.

Comme il a pu me le confirmer, il arrive que l’administration prenne en grippe certaines familles peu collaboratives.  S’ensuit alors un cercle vicieux interminable et une guerre de tranchées.

Comprenons-nous bien, je ne dis évidemment pas qu’il faut tout accepter comme des moutons de Panurge.  Par contre, je pense que s’insurger aveuglément contre les velléités liberticides de la Fédération Wallonie-Bruxelles sans prendre la peine d’ouvrir le dialogue avec ses acteurs n’est pas forcément la meilleure méthode.

La posture est donc importante.  Si l’on a à cœur le bien-être de nos enfants, si on a un projet de vie qui tient la route, il n’y a aucune raison que ces entrevues se passent mal.

J’insiste sur le fait que je ne jette la pierre à personne.  Il peut arriver que certaines familles soient vindicatives comme il peut arriver que certains inspecteurs soient peut-être trop pointilleux ou à cheval sur le règlement.

Mais partir sur un a-priori positif vous aidera toujours…


Photo de Ian Burt