Appliquer une discipline pour l’heure de coucher est une gageure pour beaucoup de parents et nous n’échappons pas à la règle.  Mais qu’est-ce qui rend le moment du coucher si difficile?  Pourquoi est-ce important que les enfants aient suffisamment de sommeil?  Comment s’y prendre pour ne pas transformer le rituel du coucher en guerre ouverte?

Pourquoi c’est difficile

Arrivés à l’heure du coucher, les besoins des parents et des enfants divergent.  Il n’est pas rare que les enfants soient encore assez énervés de leur journée ou aient un grand besoin de décompresser.  L’heure du coucher est aussi un moment propice à l’apparition d’angoisses (encore plus pour les enfants à hauts potentiels) qu’il convient d’accueillir adéquatement.  Enfin, dépendamment de l’emploi du temps des membres de la famille, les enfants peuvent aussi développer de nombreuses stratégies pour profiter encore un peu de leur papa ou de leur maman, voire même de leurs frères et sœurs qu’ils n’ont pas eu l’occasion de voir assez durant la journée.

Du côté des parents, la fatigue de la journée se fait sentir et l’heure du coucher sonne souvent comme le seul moment où ils vont enfin pouvoir se poser et avoir un peu de temps pour eux-mêmes (quand ils ne doivent pas encore faire quelques tâches administratives ou ménagères évidemment 😉 ).  Il faut donc reconnaître que certains jours, on aimerait bien que le rituel ne s’éternise pas!

Entre les enfants qui en veulent plus et les parents qui n’en peuvent plus, c’est donc parfois le clash.  Il s’ensuit donc de la tension, de l’énervement et un cercle vicieux qui n’arrange rien sur le long terme.

Pourquoi les enfants ont besoin de sommeil

Les enfants ont besoin de beaucoup de sommeil car ils travaillent à plein régime en permanence, physiquement et mentalement.  Sans parler de la croissance.

Le sommeil est primordial pour fixer les apprentissages et pour être disponible et alerte en journée.  Un enfant irritable ou amorphe est un signe évident de manque de sommeil.

Pour autant, il convient d’adapter la durée et l’heure du coucher à chaque enfant.  Il n’existe pas de règle générale et les parents restent encore les mieux placés pour évaluer quels sont les besoins de leur(s) enfant(s) autant pour lui que pour l’organisation familiale.

Pour plus de détails sur les besoins de l’enfant, je vous invite à consulter l’excellent ouvrage : Le sommeil, le rêve et l’enfant.

Comment s’y prendre

Nous privilégions bien sûr une approche à long terme plutôt qu’une solution immédiate mais qui pourrait nous revenir à la figure.

D’abord quelques règles de base

Les enfants ont un grand besoin de rituels, pour le coucher comme pour d’autres choses.  Il convient donc de privilégier une certaine régularité pour l’heure du coucher et pour les étapes de mise au lit.

Nous évitons toute activité susceptible d’énerver nos enfants après le souper.  Et nous bannissons évidemment la consommation d’écran avant le coucher.

Enfin, nous essayons d’annoncer l’heure du coucher 15 à 20 minutes à l’avance pour favoriser une transition en douceur.  Cette règle vaut d’ailleurs dans tous les domaines, les enfants sont plus réceptifs quand ils sont au courant de ce qui les attend.  Pour l’anecdote, ça fait déjà longtemps que notre fils se sert de la minuterie du four pour voir le temps qu’il reste avant le projet événement. 🙂

Oui, mais…

Que faire quand on n’est pas du tout réceptif?  Qu’on a eu une journée pourrie et qu’on a qu’une envie, c’est de plonger soi-même dans son lit?

Avant toute chose, vous avez le droit de l’exprimer.  Vos enfants peuvent entendre de votre part que vous avez besoin d’un moment pour vous rendre disponible et que s’ils vous sautent directement au cou, ce sera plus compliqué…

Accordez-vous ces quelques minutes (10, 15 ou 30 minutes, peu importe) pour souffler et être complètement là pour vos enfants.

Même chose pour le rituel, si vous n’avez pas la tête à ça, exprimez-le et invitez vos enfants à jouer calmement et à respecter votre besoin de sommeil.  En n’oubliant évidemment pas de préciser que vous serez plus disponible dans les jours à venir.

A long terme

A long terme, les enfants ont surtout besoin que vous soyez là pour partager leur joie, leur peine ou leur colère, pour accueillir leurs angoisses ou encore répondre à leurs questions existentielles.

La clé est donc de leur accorder ce temps.  Ça peut paraître contraignant, mais à long terme, le bénéfice ne se fait pas attendre.  Comme les enfants ont confiance dans le fait que vous serez là pour eux, ils sont moins dans l’urgence et dans la demande incessante.  Quelle libération!

Il faut cadrer le temps.  Ne vous limitez pas à 5 minutes mais ne partez pas non plus pour deux heures.  Annoncez à votre enfant combien de temps vous allez passer avec lui et soyez vraiment là, avec lui.

Pendant ce temps partagé, faites des choses qui l’apaise et qui lui plaise.  C’est son moment, ne l’oubliez pas.

Et s’il ne trouve pas le sommeil

Pour différentes raisons, certains enfants peuvent éprouver des difficultés à trouver le sommeil.  Ci-dessous, je vous donne deux excellents outils et une référence qui nous ont beaucoup inspirés et qui nous servent encore au quotidien pour aider nos enfants à plonger sereinement dans les bras de Morphée.

Le lapin insomniaque

Le premier outil, surprenant de prime abord est un ouvrage qui s’intitule Le lapin qui veut s’endormir.  Sous l’apparence de l’histoire assez banale de Roger le lapin qui cherche un moyen de s’endormir, ce livre emprunte plusieurs pratiques de la PNL (dont notamment la répétition et les changements de tonalité dans la voix) pour amener doucement l’enfant à se détendre et à trouver le sommeil.  L’auteur annonce, à raison, que les enfants s’endorment en général avant la fin de l’histoire.  Ca marche même avec certains adultes!

Bien que sceptiques au départ, nous devons reconnaître que l’effet est bluffant!  Notre fille de 8 ans le demande encore de temps en temps quand elle ne trouve pas le sommeil et à contrario, notre fils demande parfois expressément de ne pas la lire car il sait qu’il va succomber. 😉

Définitivement à mettre entre les mains de tous les parents qui éprouvent des difficultés avec le sommeil de leur(s) enfant(s).

La méditation

Un autre outil que nous utilisons régulièrement est l’excellent ouvrage accompagné d’un CD de Eline Snel : Calme et attentif comme une grenouille.

Ce livre reprend plusieurs courts exercices de méditation guidée adressés aux enfants.  Le livre permettra aux parents de suivre la méditation et d’en comprendre la portée tandis que le CD, avec la douce voix de Sarah Giraudeau, amènera à coup sûr les enfants dans un état de bien-être propice à un endormissement facile et un sommeil réparateur.

Le sommeil, le rêve et l’enfant

La dernière référence est le premier ouvrage que nous avions consulté quand notre fille ne voulait pas dormir à 2-3 ans.  Il fait un tour complet de la question du sommeil pour les enfants et des connaissances actuelles sur le sujet.  Il s’agit également d’un guide pratique et concret écrit par deux pédiatres et qui nous a été d’une grande aide.

Les auteures sont Marie Thirion et Marie-Josèphe Challamel, le livre s’intitule Le sommeil, le rêve et l’enfant.


En espérant que ces conseils et ces références pourront aider certains parents…